L’orgue Carouge-Formentelli de l’église Saint Etienne de la Cité de Périgueux

Construit à l’origine pour la Cathédrale Saint Front, l’orgue de l’église – ancienne cathédrale – Saint Etienne de la Cité est l’œuvre du facteur Marin Carouge (1667-1735) qui signe là son dernier grand instrument. Il décèdera deux ans après sa construction.

De la composition initiale nous ignorons tout. Seules deux petites planchettes situées sur les sommiers de l’ancien instrument, et actuellement conservées au Musée de la Ville, nous apprennent le nom du facteur, les dates du début et de l’achèvement des travaux – 7 août 1731, 12 septembre 1733 – ainsi que le nom du premier organiste, Joseph Jossot, prieur de Saint Martin. Pour le reste, la taille du grand buffet, la comparaison avec d’autres instruments du même facteur, n’autorisent que des conjectures. La seule certitude est qu’il ne pouvait s’agir que d’un grand huit pieds en montre.

En 1824, Loiselot et André effectuent un relevage. Après diverses interventions à partir de 1834, il est déposé en 1867 par les Etablissements Merklin-Schütze, et cède la place à un nouvel instrument que l’on peut toujours voir en tribune à Saint Front.
En 1885, Monseigneur Rebière, curé de la Cité, récupère l’orgue de Carouge – ou ce qu’il en reste, le positif de dos ayant disparu – et en 1904, Mutin le remonte après l’avoir radicalement transformé. Mais diverses raisons – absence de protection lors d’un ravalement de l’église, inondation en raison d’une faille dans la coupole qui le surplombe, situation de la tribune notamment – hâtent sa fin, et ce, en dépit des efforts de l’Association pour la Défense de l’Orgue de la Cité (A.D.O.C.) et des nombreuses interventions de divers facteurs.
Décision est alors prise par la Ville d’en finir une fois pour toutes. Le facteur Barthélémy Formentelli obtient le marché et, en accord avec le cahier des charges, se livre à une reconstruction radicale, dans l’esprit d’un instrument classique du XVIII° siècle.
Les travaux, commencés en 1990, sont achevés en 1993. Les tuyaux du seul jeu restant de Carouge, à savoir le Cromorne du Positif, sont restaurés et remis au ton d’origine. Les autres, dont la substance avait été trop altérée, et qui n’offraient que peu d’intérêt, sont déposés pour partie dans une réserve des ateliers municipaux, et remplacés par des neufs construits selon les préceptes de Dom Bedos. En outre, en se fondant sur une gravure du XIX° siècle représentant l’orgue de Carouge en tribune à Saint Front, Formentelli restitue le Positif de dos reconstruit en copie à l’identique.